Condamné à vingt-quatre ans de prison en première instance pour une tentative de meurtre sur un jeune homme de 19 ans, il fait appel et écope d’une peine de 30 ans de réclusion.
Il n’aurait peut-être pas dû faire appel de sa peine. Alexandre Polak a été condamné en appel mardi 4 février 2025 par la Cour d’assises des Vosges à 30 ans de réclusion criminelle au lieu des 24 années en première instance à Nancy, alors qu’il encourait la perpétuité. Le trentenaire avait tenté d’assassiner, en 2020, à coups de machette, un jeune homme de 19 ans, faussement accusé d’abus sexuel par sa petite amie. Sa culpabilité n’étant pas remise en cause, l’appel ne portait que sur la peine. La jeune fille, âgée de 16 ans au moment des faits, s’était finalement suicidée en détention en mai 2021.
Les faits reprochés se sont produits en septembre 2020. Alexandre Polak et sa petite amie mineure, avaient décidé de « tuer mutuellement » celui que cette dernière accusait d’avoir abusé d’elle quelques semaines plus tôt. Le jeune homme de 19 ans, la victime, s’était réfugié nu, gravement blessé par les quatorze coups de machette, dans un McDonald’s de Pont-à-Mousson, avant de s’effondrer sur la terrasse. Le manager du fast-food, ancien militaire, lui avait sauvé la vie en lui faisant des garrots. Les soignants avaient dû lui appliquer 1,50 mètre de points de suture sur tout le corps et une infirmité permanente de 35 % lui est reconnue.
DES SOINS DURANT LES « 468 JOURS »
Devant les assises des Vosges, l’avocat de la victime, Me Alexandre Bouthier, a regretté que l’accusé se retranche une nouvelle fois derrière ses mensonges, voulant faire croire qu’il avait agi comme la marionnette de son ex-petite amie. Nicolas Pasina, avocat du père de la victime, a souligné la douleur de ces « victimes par ricochet, qui ont souffert de l’attente concernant le sort de leur fils ». Adrien, la victime, a été hospitalisé et a suivi des soins durant les « 468 jours qui ont suivi » l’agression. « Et aujourd’hui, les actes de la vie courante sont toujours difficiles pour lui : se moucher, lacer ses chaussures, couper son steak… » L’avocat général Jean-Emmanuel Besset avait requis vingt-quatre ans de réclusion, comme en première instance, pour ce « crime épouvantable ». « Il a fallu un miracle pour qu’Adrien échappe à leur œuvre », a-t-il rappelé, égrenant leur « parfaite exécution et répartition des rôles, avec une machette de 42 centimètres et des couteaux ».
