Le 25 septembre 2020, le jeune homme était arrivé devant l’ancienne adresse de Charlie Hebdo, armé d’un hachoir et avait blessé très grièvement deux employés d’une agence de presse, pensant s’en prendre à des salariés de l’hebdomadaire.
Zaheer Mahmood, 29 ans, d’origine pakistanaise, qui a tenté de tuer deux personnes devant les locaux de Charlie Hebdo en septembre 2020, a été condamné jeudi 23 janvier 2025 à 30 ans de prison par la Cour d’assises spéciale des mineurs de Paris. Les avocats généraux avaient demandé mardi 21 janvier 2025 une peine de 30 ans de prison assortie d’une période de sûreté des deux tiers.
La présidente de la cour, Caroline Jadis-Pomeau, lui a également notifié une interdiction définitive du territoire français et l’inscription au fichier des auteurs d’infractions terroristes (Fijait).
Zaheer Mahmood est arrivé clandestinement en France au cours de l’été 2018. Ce musulman pratiquant et adepte d’un imam radical entendait « venger le Prophète » après la republication de caricatures de Mahomet par le journal satirique le 2 septembre 2020, à l’occasion de l’ouverture du procès des attaques djihadistes de janvier 2015. Il ignorait que l’hebdomadaire avait déménagé après l’attentat qui a décimé sa rédaction. Le 25 septembre 2020, aux alentours de 11h40, le jeune homme était arrivé rue Nicolas-Appert devant l’ancienne adresse de Charlie Hebdo, armé d’une feuille de boucher. Il avait blessé grièvement deux employés de l’agence de presse Premières Lignes.
« UNE VOLONTÉ INCONTESTABLE DE TUER DES BLASPHÉMATEURS»
« Nous avons noté une volonté incontestable de tuer des blasphémateurs en visant la nuque et le visage pour répondre à l’idéologie arriérée à laquelle il souscrivait », avait déclaré l’un des avocats généraux pendant son réquisitoire mardi, rappelant que l’attentat avait été l’attaque inaugurale de l’automne 2020, quelques semaines avant l’assassinat du professeur Samuel Paty et l’attentat contre la basilique de Nice.
Dans sa plaidoirie, la défense de Zaheer Mahmood avait tenté d’expliquer le geste de son client par son conditionnement culturel et religieux. « Chacun des coups portés visait à tuer », a déclaré Albéric de Gayardon, en préambule. Par ces déclarations, il a confirmé ce que son client reconnaissait tout. « Dans sa tête il n’a jamais quitté le Pakistan », « que sait-il de la liberté d’expression ? Que sait-il du rire salvateur de Charb et de Cabu ? », s’était interrogé Albéric de Gayardon, avant de répondre : « Rien, il ne comprend rien. Il est dans une bulle d’enfermement communautaire ».
Au cours de leurs réquisitoires, les avocats généraux ont rappelé que Zaheer Mahmood n’aurait jamais pu agir sans le soutien de ses amis, cinq hommes jugés à ses côtés pour association de malfaiteurs terroriste. À leur encontre, la cour d’assises a prononcé des peines allant de trois à douze de prison, l’inscription au fichier des auteurs d’infractions terroristes (Fijait) et l’interdiction définitive du territoire national pour les majeurs.
